Quand le Kindle est sorti, j’étais en vacances à New York. J’ai passé 10 jours à me demander si je devais l’acheter ou non. Cet objet rassemblait deux de mes grandes passions : la lecture et les nouveautés. A force de tergiverser, et devant le peu de développement des livres numériques en France à l’époque, nous étions en 2009, j’ai renoncé.

J’ai passé les 6 années suivantes le doigt sur le bouton « commander ». Je ne cessais de mettre en balance les arguments, ceux que vos neurones s’échangent si vous vous posez la question de sauter le pas.

Les Pour
Des milliers de pages dans un poids plume
Grande autonomie de fonctionnement
Eclairage intégré dans certains modèles
Un stock de livres que je m’oblige à vider de temps en temps
Grande variété de livres numériques gratuits ou très peu chers dans les classiques en fin de droit
Un nouveau gadget
Les Contre
Un nouveau chargeur à trimbaler
Perte de la sensualité du livre
Prix des livres numériques en France
Pas d’achat de l’objet « livre » 
Risque de lire dans mon bain (mais en même temps, je n’ai pas de baignoire. Et Kobo existe en version waterproof)
Pas de prêt ni de revente possible des livres
Un nouveau gadget

Au final, je n’ai pas eu à choisir puisque, certainement lassé par mes longs monologues argumentaires, Lui m’a offert un Kindle Paperwhite pour mon anniversaire. Je ne m’y attendais pas. Cette attention était particulièrement prévenante parce que la lecture, c’est mon plaisir à moi, égoïste et solitaire.

Ma nouvelle bibliothèque

Ma nouvelle bibliothèque

Après un mois d’utilisation, j’en pense quoi ?

L’autonomie est effectivement impressionnante. J’en oublierai presque de le recharger. Après la première charge, je ne l’ai fait qu’une fois et seulement par précaution parce que je partais plusieurs jours.

Le confort de lecture est semblable à celui d’un livre. Avec la lumière intégrée, je peux lire confortablement par n’importe quelle luminosité (génial pour lire la nuit sans déranger son partenaire ni fatiguer ses propres yeux). Les paramètres d’affichage sont suffisamment souples pour permettre à chacun de trouver ce qui lui convient (taille des caractères, interligne).

Il m’arrive parfois de perdre mon marque-page (en appuyant par inadvertance sur l’écran), comme cela m’arrivait parfois avec les livres (en faisant tomber mon livre). C'est par contre moins facile de retrouver un passage d'un livre.

Bien entendu, je regrette le parfum et le contact du vieux papier (je précise parce que je déteste l’odeur du papier neuf). Mais j’ai gagné une meilleure ergonomie (pas de pliure ni de poids à gérer) et une plus grande facilité de transport. En contrepartie, je crains un peu plus de m’endormir le livre à la main.

J’ai testé la lecture de pdf (légal, je précise). L’expérience n’a pas été franchement concluante. Ce type de fichier est traité comme une image. Dans mon test, les caractères apparaissaient minuscules. La fonction zoom est bien moins performante que sur une tablette, excluant son usage pour améliorer la lisibilité. Il faut certainement jouer avec les options d’impression au moment de créer le pdf.

Reste le problème du prix des livres numériques …

Je me suis attaquée à l’oeuvre de Proust. Inutile de vous dire qu’en un mois, je n’en suis toujours pas venue à bout. Donc pour l’instant, mon budget lecture = 0. Cela changera certainement à l’avenir mais j’ai un faible pour les oeuvres anciennes.

Toutefois, il reste assez peu compréhensible que le livre numérique reste au même prix quand le format poche sort. Je me sens terriblement frustrée par cette situation. Je comprends que les enjeux autour de ce sujet sont terribles pour le monde de l’édition et de l’impression. Il n’en reste néanmoins que le monde avance, qu’un livre numérique ne se prête pas, ne se revend pas, contrairement à un livre papier. Il supporte plus de contraintes avec moins d’avantage.

L’actualité nous montre que l’économie est en train de monter une marche suite à l’arrivée du numérique. Chaque secteur d’activité a composé avec ce nouveau paramètre comme il le pouvait au cours de ces dernières années. Le temps n’est plus au bricolage, au déni ou au dédain. Les consommateurs ont intégré la puissance du numérique dans leurs usages. Reste à chaque industrie de l’accepter pleinement et de se réinventer avec, que ce soit en terme d'offre de services ou de politique tarifaire. Et reste à chaque consommateur d’accepter de payer ce qu’il a toujours payé : une place de ciné, une location de film, un album de musique, un livre.

Le passé restera passé. Il est temps d'inventer ces années 2000 qui ont fait rêver les enfants que nous étions.

"ce n'est pas en essayant d'améliorer la bougie que l'on a inventé l'ampoule" (source inconnue)

Retour à l'accueil